Mercredi 11 mars 2009
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Voyant le désarroi de la jeune Fée, Aradia poussa un profond soupir, pris la main de Nomène et se lança dans
l’explication qu’elle avait tenté de repousser jusqu’à présent.
- « Nomène, mon enfant… T’as t-on déjà parlé de ce qu’il advient des Fées dont les examens ne sont pas validés par le Comité des Fées en Herbe ? »
- « Elles recommencent leur Magiestère 3 et doivent en plus suivre des cours de rattrapage ? » s’exclama Nomène.
- « On ne t’en a donc pas parlé… Je m’en doutais », soupira la vieille Fée.
- « Parlé de quoi tante Aradia ? » demanda Nomène qui ne voyait réellement pas ce que l’on pouvait faire d’autre en pareils cas.
- « Par où commencer ? … Voyons… Tu a certainement appris en cours que la Confrérie des Fées fut créée, il y a bien des révolutions lunaires, par un représentant de chacune des castes de notre
monde féerique : Aldigio l’Elfe, le sorcier Anthérius, Minéo le lutin et Egonia la Fée. », commença Aradia. « Chacun présidait alors le Haut Conseil de sa caste : Aldigio pour le Haut Conseil
Elfique, Anthérius pour le Haut Conseil de la Sorcellerie, Minéo pour le Haut Conseil des Lutins et Egonia pour celui de la Féerie. Et ces 4 Hauts Conseils, composés d’éminents membres élus par
les citoyens de chaque caste, se réunissaient 4 fois par révolution lunaire, formant ainsi le Haut Conseil du Monde Magique. »
- « Oui, je m’en souviens, c’était le cours magiestral de Monsieur Pedago. » répondit Nomène, heureuse de montrer qu’elle avait retenu certaines notions d’histoire du monde magique et
féerique.
- « Bien. Ce que tu ignores peut-être néanmoins », repris la vieille Fée, « c’est la règle instaurée dans le cadre de la Confrérie qui voulait que chaque représentant, à la fin de son mandat,
désigne lui-même son remplaçant parmi les élèves de sa caste. Alors qu’Anthérius, Aldigio et Minéo avaient porté leur choix sur des élèves ayant validés avec brio leur Magiestère 3, Egonia
choisit quant à elle, Anicia, une élève qu’elle affectionnait particulièrement, bien que cette dernière n’ait pas réussi l’ensemble des Magieplines requises pour valider ses 3 années de
Magiestère. Sa décision contestée par le Conseil, Egonia avait usé de toute la persuasion dont elle était capable pour faire valoir les compétences et les prédispositions de sa petite protégée
auprès de ses compagnons. A court d’argument, les 3 représentants s’étaient alors rangés à la voix d’Egonia et Anicia pris ses fonctions de Présidente du Haut Conseil de la Féérie. Je te ferai
grâce des détails dont on ne sait dire à présent s’ils sont réels ou relèvent de la fable mais Anicia, comme le craignaient les 3 prédécesseurs, ne fut pas à la hauteur de ses fonctions et, par
ses décisions tant malvenues qu’imposées, failli mettre en péril le monde féerique. »
- « Et que fe paffa t-il alors ? », demanda Nomène, la bouche encore pleine de jus de bouton d’or,
- « Devant le désastre de sa présidence, les citoyens du royaume des fées, mais également ceux des autres castes, demandèrent à ce qu’Anicia soit destituée. », répondit la vieille Aradia. « A
cette nouvelle, Anicia furieuse refusa d’obtempérer et menaça alors de révéler aux Sanzels l’existence du monde magique. Fait qui eut, en plus de créer la panique parmi les Sanzels que nous
sommes sensés protéger, sonné la fin du monde magique dans son entier. »
- « Saféerlipopette… », s’exclama Nomène, « je n’avais pas connaissance de cette version de l’histoire. Je pensais qu’Anicia avait décidé de son plein gré de renoncer à ses fonctions, ne se
jugeant pas apte. Elle était citée dans nos livres comme un modèle d’humilité ».
- « Tu sais mon enfant, dans certains cas, mieux vaut réécrire l’histoire pour préserver l’harmonie et éloigner les mauvais esprits. », tenta de justifier Aradia devant l’incrédulité de la petite
Nomène. « Toujours est-il, qu’en unissant leurs forces, les différentes castes parvinrent à neutraliser Anicia, assurant ainsi la sauvegarde du monde magique. »
- « Et qu’advint-il d’Anicia, tante Aradia ? Nous n’en avons plus entendu parler depuis…», demanda Nomène, intriguée.
- « A l’issu de son procès, elle fut renvoyée du royaume d’une façon qui jusqu’alors n’avait jamais été expérimentée et qui provoqua une vague d’effroi dans toute la communauté féerique, malgré
les méfaits d’Anicia. Ses ailes lui furent… », elle hésita un instant puis poursuivit, « … elles lui furent retirées… »,
- « Oh mon dieu… », s’écria Nomène, « Il est vraiment possible de retirer ses ailes à une Fée ? »,
- « Malheureusement Nomène, c’est possible. », dit Aradia, puis elle ajouta très rapidement comme pour se donner le courage de terminer sa phrase : « On retira donc ses ailes et sa baguette à
Anicia, ce qui eut pour effet de la renvoyer dans le monde des Sanzels sans qu’elle ne conserve aucun souvenir de sa vie de Fée… ».
Nomène en était abasourdie. Comment était-il possible qu’une fée soit renvoyée dans le monde des Sanzels sans se souvenir de sont monde d’origine ? Malgré ses efforts, elle ne parvenait à
imaginer une vie sans aile, sans baguette et sans le monde féerique qu’elle affectionnait tant et qui était sa vie. Comment Anicia avait-elle pu continuer à vivre sans la magie… ? Mais soudain,
lui vint à l’esprit une question qu’elle ne put s’empêcher d’exprimer à haute voix…
- « Mais quel rapport y’a-t-il avec moi et la décision du HCF ? ». En prononçant ces mots, son visage se crispa… Elle eut peur de comprendre finalement le lien qu’il pouvait y avoir, sans
toutefois oser y croire… « Tante Aradia… Se peut-il que… »,
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